Les supers setups.
Par Steve Morissette



Depuis les quelques dix dernières années, le nombre de sauvaginiers a diminué considérablement au Québec, passant de 75 000 à près de 25 000. Durant cette même période, on a assisté à l’émergence d’une nouvelle lignée de sauvaginiers, celle des vrais mordus qui sont toujours à l’affût de toutes les nouveautés et qui ont cette soif de toujours apprendre. Vous faites probablement partie de cette catégorie puisque vous lisez Sauvaginement Vôtre! Cette race de sauvaginiers se démarque du chasseur occasionnel qui ne pratique ce sport que deux ou trois fois par année. Parmi les mordus, plusieurs se sont portés acquéreurs d’un « super set-up ». Laissez-moi vous éclairer un peu sur ce que ce pourrait être.

Un super set-up typique

En fait, il n’y a pas de « super set-up » typique. Règle générale, lorsqu’on parle de « super set-up », on parle de posséder une flotte d’appelants qui se démarquera en qualité et en quantité de celles de l’ensemble des sauvaginiers qui chassent dans le secteur que vous convoitez. Tout dépendant de l’endroit où vous chassez, il peut prendre différentes formes : si la majorité des chasseurs de votre coin utilisent entre 24 et 75 coquilles pour la bernache et que, de votre côté, vous possédez 100 appelants « full body », votre plan se distinguera de la masse et pourra être qualifié de « super set-up ».



Par ailleurs, nous ne miserons pas uniquement sur la quantité mais aussi sur la qualité des appelants. En effet, si dans votre secteur la majorité des sauvaginiers utilisent de 24 à 48 appelants de marque « Big Foot » et que vous chassez avec 48 appelants de marque « Green Head Gear » ou « HardCore », vous vous démarquerez sans doute et votre plan aura l’air plus que convaincant et votre chasse sera à la mesure de vos ambitions.

Certains diront que seuls les riches peuvent se permettre un gros « set-up ». Détrompez-vous! Si tous vos partenaires y mettent l’effort, n’importe quel groupe de chasse peut se prémunir d’un bon plan. C’est une question de choix. Rien ne vous empêche d’y aller progressivement et d’améliorer année après année. Par ailleurs, si vous ne vous résignez pas à faire l’achat d’appelants réalistes et qu’il y a trop de gros « set-up » dans votre entourage, ce qui vous empêche de faire compétition avec vos voisins, une solution serait de changer de secteur. Le simple fait de se trouver dans un secteur où la pression de chasse est plus faible vous permettra de faire affaire avec des oiseaux beaucoup moins farouches. Par exemple, si dans le secteur visé vous vous installez à proximité d’un ou deux groupes qui utilisent quelques douzaines de silhouettes en contre-plaqué et que vous possédez 5-6 douzaines de coquilles, cela sera amplement suffisant pour faire une excellente chasse.

Ce qu’il faut comprendre, c’est que pour convaincre la sauvagine de venir dans votre plan plutôt que dans celui des voisins, il est nécessaire de se démarquer en ayant un plus grand nombre d’appelants et que ces derniers soient les plus réalistes possible. Imaginez que votre secteur contienne un dortoir de 1000 à 1500 bernaches et qu’il y a cinq groupes de chasseurs utilisant entre 4 et 6 douzaines de « Big Foot » chacun. Après deux ou trois semaines de chasse intensive, les outardes de votre secteur flaireront le subterfuge de très loin et auront une peur bleue de tout ce qui ressemblera de près ou de loin à ce type de « set-up ». Par contre, si vous avez 15 douzaines d’appelant très réalistes, et que vous les utilisez pour la première fois après ces deux ou trois semaines de chasse, la différence sera nettement avantageuse pour vous. Les oiseaux de votre secteur n’auront jamais été chassés avec un aussi gros « set-up » et entreront avec confiance, je peux vous le garantir.

Même chose pour les barboteurs

La plupart du temps, les sauvaginiers vont utiliser entre 12 et 48 appelants pour le barboteur tant au champ qu’au marais. Mais vous avez sans doute remarqué un jour ou l’autre qu’un fossé, une marre ou un champ pouvait abriter plus de 500 canards se nourrissant. Alors, pensez-vous que votre plan de 24 canards aura l’air réaliste dans un tel endroit? L’utilisation de 100 à 200 barboteurs sera beaucoup plus convaincante…



Un exemple à suivre, celui des plongeurs

Si vous avez déjà chassé les plongeurs au large, vous avez sans doute remarqué la quantité d’appelants utilisés pour obtenir un certain succès. Ce n’est pas d’hier que l’on voit des « set-up » de 100 à 200 morillons flottants près d’une calleuse. Plus votre plan est gros et plus il sera invitant pour les oiseaux. De plus, il dissimulera votre calleuse, rendant ainsi le tout le plus naturel possible.



Le syndrome américain

Il ne faudrait pas croire que l’idée d’utiliser les « super set-up » a débuté ici. En naviguant sur les différents forums américains et en visionnant les diverses vidéos, on constate qu’ils utilisent des quantités d’appelant qui sortent de l’ordinaire. En effet, il n’est pas rare de voir utiliser des 10, 15 et même 25 douzaines de « Big Foot », « Greenhead » ou autres appelants ultra réalistes. De plus, les nouvelles générations comme les « Hard Core » ou «Dave Smith » qui sont tous peinturés au « air brush » sont de plus en plus populaires. Depuis toujours, nous suivons la tendance américaine en matière de chasse: alors préparez-vous.