Pour la majorité des gens, le mois de septembre est synonyme du début d’une longue période désolante et surtout déprimante; les jours se font de plus en plus courts, Dame nature a des soubresauts, le mercure montre des signes de fatigue et nos valeureux « snowbirds » préparent leur grande migration vers le sud! Mais pour le sauvaginier, le mois de septembre a une toute autre signification : c’est le début d’une nouvelle saison de chasse longuement attendue, mais surtout, c’est l’ouverture !
À lui seul, ce mot veut tout dire pour le sauvaginier. C’est LE moment de l’année où notre patience est finalement récompensée et comme on dit, c’est là que ça se passe! Le jour de l’ouverture, c’est magique, ce n’est pas comme le reste de la saison, même s’il pleut, il fait beau! C’est certainement l’un des plus beaux moments de la saison pour le sauvaginier, et ce pour diverses raisons : d’abord parce que le gibier est abondant, ensuite parce que la température est habituellement clémente, mais par-dessus tout, parce que le gibier est peu farouche.
Ainsi, en début de saison, comme le gibier n’a pas encore été effarouché par les innombrables tirs, « setup » et « rampeux », il n’est pas nécessaire de déployer son grand arsenal. Je dirais même qu’il est plus judicieux d’opter pour un modeste et simple allant de 2 à 5 dz, qu’un ayant une centaine d’appelants. Il ne faut pas oublier qu’à cette période de l’année, les gros rassemblements ne sont pas encore au rendez-vous et mettre une centaine d’appelants dans un champ qui d’ordinaire compte une quarantaine d’individus pourrait paraître suspect aux yeux méfiants du gibier et avoir l’effet contraire Il faut donc opter pour la simplicité. Mais bon, vous le savez, cela ne dure pas longtemps. Nous savons tous que plus la saison avance, plus vous aurez à augmenter le nombre d’appelants dans votre « setup », surtout si votre secteur est soumis à une forte pression de chasse.
Je disais donc qu’à l’ouverture, surtout pour la chasse au champ, 2 à 5 douzaines d’appelants suffiront pour amener le gibier sur le « X ». Cependant, il faut tout de même un minimum de préparation et la prospection est une étape qu’il ne faut pas sauter. Votre setup doit être installé sur le « X ». S’il est installé dans le corridor de vol, et non sur le champ où les oiseaux ont l’habitude d’aller, vous diminuerez vos chances de faire une belle chasse. Vérifiez les allées et venues du gibier et la veille, assurez-vous que votre gibier sera toujours dans le même champ où vous aurez préalablement obtenu la permission du propriétaire d’y faire votre chasse.
Pour ce qui est du « call », retenez-vous ! Laissez- les venir d’eux- mêmes. Rappelez-vous que ces oiseaux ont une routine et tant que ces derniers ne seront pas dérangés et/ou qu’ils auront de la nourriture, ils continueront à se nourrir au même champ. Mettez-vous, pour un moment, dans la peau du gibier : il n’y a eu aucune pression de chasse depuis quelques mois, vous voyez quelques congénères (les appelants) déjà installés dans le champ faisant quelques cris, tout semble normal pour eux, c’est la routine. Ainsi, quelques notes suffiront pour les rassurer. Ne faites rien d’extravagant, soyez simple, mais précis. Par exemple, lorsque vous les apercevrez, lancez quelques cris d’appel pour attirer leur attention. Lorsque qu’elles seront plus près, quelques notes de « feeder » suffiront pour les rassurer davantage. Elles se jetteront sans problème dans vos appelants. Une fois que vous aurez fait votre première passe, soyez patient et recachez-vous et ce, pour deux raisons : d’abord, s’il y a des retardataires du troupeau, vous pourrez refaire le même stratagème et elles aussi se jetteront sans trop se méfier dans vos appelants et secondo, si vous avez bien pratiqué votre « comeback call » au courant de l’été et que vous l’utilisez juste après le départ du voilier, il y a de bonnes chances que le gibier revienne une seconde fois.
Malgré toute la simplicité d’une chasse d’ouverture, il ne faut pas négliger la cache. Elles ne sont peut-être pas farouches à ce moment-ci de l’année mais elles ne sont pas folles non plus ! Pour le canard, il y a les duck boat et Q-boat, les calleuses ou encore à l’affût dans une cache sur les berges. Pour la bernache en champ, je favorise l’utilisation d’une cache à profil bas ou plus communément appelée cache tombeau. Leur facilité de transport et leur capacité de bien se camoufler dans la végétation environnante font d’elles, selon moi, une pièce d’équipement indispensable. Si vous ne possédez pas ce type de cache, il y a toujours la possibilité d’utiliser des méthodes alternatives et plus rudimentaires comme une couverture en camouflage de type « shadow grass » ou encore une cache en phragmite; vous pouvez vous creuser, si le cœur vous en dit, un « pit blind »; d’autres, avec un habit camouflage approprié, se couchent parmi leurs appelants. Bref, plusieurs méthodes rudimentaires existent mais dites-vous que toutes ces techniques, mis à part le « pit blind », ne seront efficaces que pour les premières semaines. Après quoi, les oiseaux auront été éduqués à ces techniques et seront davantage méfiants. Vous devrez alors vous procurer une cache tombeau… Mais bon, on parle ici de l’ouverture, presque toutes les techniques sont bonnes… à l’exception du rampage. Cette soit - disant technique n’a qu’un but : effaroucher davantage les oiseaux.
Certes, la chasse d’ouverture est une chasse unique en son genre et par-dessus tout, elle est simple. On peut faire une belle chasse avec un minimum d’équipement. D’ailleurs, c’est probablement pour cette raison qu’il y a autant de chasseurs pour l’ouverture que pour le restant de la saison. Plus la saison avance, moins il y a de chasseurs et pourtant, il y a de belles chasses à faire jusqu’à la fermeture !
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